Vers la fin de l’année dernière, j’acceptais de travailler avec un sixième client, en deux mois, qui était atteint du déficit d’attention (TDAH) et qui était en arrêt de travail pour épuisement professionnel. Curieuse, je me suis mise à compiler le nombre de mes clients atteints du TDAH qui me consultaient suite à un «burn-out» ou qui en avaient fait un dans le passé.
À ma grande surprise, j’ai découvert que plus de la moitié d’entre eux avaient vécu un ou plusieurs épuisements professionnels. La majorité d’entre eux avait reçu un diagnostic de dépression, pour ensuite reconnaître que le déficit d’attention était la cause de leur surmenage.
Cela n’est pas surprenant lorsque l’on évalue les symptômes des personnes présentant un déficit d’attention. En effet, leur difficulté à se concentrer et à maintenir leur concentration mène à un faible rendement au travail. Ayant de la difficulté à planifier et à organiser leur travail, ils se sentent éparpillés et passent d’un projet à l’autre sans jamais fermer la boucle et compléter ces projets.
Stimulés par les urgences et les situations de crises, ils sont souvent interrompus dans le travail qu’ils avaient prévu faire pour « éteindre les feux ». Tous ces comportements mènent à une faible productivité et un sentiment de culpabilité, de stress et d’insatisfaction face à leur rendement. Ces personnes ont donc tendance à travailler tard ou à apporter du travail à la maison pour rattraper le temps perdu.
Une étude menée par Gunilla Brattberg et publiée en 2006 dans Stress and Health relevait que 24 % des 62 sujets en congé de maladie pour épuisement professionnel étaient atteints du déficit d’attention. Si on estime qu’entre quatre et huit pour cent des adultes sont atteints du TDAH, il est possible de conclure que ces adultes sont trois à six fois plus portés à vivre un épuisement professionnel que leurs confrères sans TDAH.
Malgré tout, tout n’est pas négatif. Avec ou sans médicaments, le TDAH est un trouble neurologique qui se traite bien par le coaching en TDAH. Par ailleurs, une étude publiée en 2006 dans le Journal of Attention Disorder démontrait que les effets du coaching en TDAH étaient bénéfiques et durables.
Parmi ces six clients en épuisement professionnel, cinq ont fait un retour complet au travail après un à trois mois une fois que le coaching en TDAH a commencé, et ils sont désormais en pleine puissance de leurs moyens au travail. On avait refusé le coaching à cette sixième personne et, dix mois plus tard, elle est toujours en arrêt de travail.


